Deepfake et contenu généré par IA : étiquetage, marquage et preuve.
Une création assistée par IA n’est pas automatiquement un deepfake. La décision dépend du contenu final, de sa ressemblance avec une personne, un objet, un lieu ou un événement existant, et de l’impression d’authenticité.
Le fournisseur organise le marquage lisible par machine des sorties synthétiques visées. Le déployeur divulgue les deepfakes et certains textes d’intérêt public. La qualification, le rendu et les preuves doivent être contrôlés avant diffusion.
Cluster éditorial : Transparence et contenus générés · Intention : Savoir comment étiqueter un deepfake ou contenu généré par IA
En bref
L’essentiel à retenir
01
Qualifier le contenu final avant la publication
02
Distinguer marquage technique et mention visible
03
Traiter les exceptions selon leurs conditions
04
Tester le support et archiver la version diffusée
01
Appliquer la définition au contenu final
Le deepfake est un contenu image, audio ou vidéo généré ou manipulé par une IA qui ressemble à des personnes, objets, lieux, entités ou événements existants et qui apparaîtrait à tort comme authentique ou véridique. Une illustration abstraite, un personnage clairement fictif ou un décor impossible peut sortir de cette définition. D’autres règles de transparence, de consommation ou de propriété intellectuelle peuvent néanmoins rester pertinentes.
Décrivez la sortie avant de conclure. Notez les éléments générés, les références au réel, le niveau de réalisme, le public, le canal et le message associé. Une courte vidéo humoristique d’un dirigeant prononçant des mots jamais enregistrés peut constituer un deepfake même si l’intention est légère. Le contexte créatif influence la forme de la divulgation, mais il ne supprime pas automatiquement la qualification.
Points de contrôle
Format final
Personne, objet, lieu ou événement ressemblant
Impression d’authenticité
Public et canal
But informatif, commercial, artistique ou satirique
Répartir les tâches entre fournisseur et déployeur
Le fournisseur du système porte l’obligation de mettre en place un marquage lisible par machine pour certaines sorties synthétiques. L’entreprise qui utilise le système sous sa propre autorité et publie le contenu peut être déployeur. Elle porte alors la divulgation visible prévue pour les deepfakes ou certains textes d’intérêt public. Une agence, une plateforme et une marque doivent répartir les tâches sans perdre de vue leurs rôles réglementaires.
Le contrat précise qui vérifie la présence du marqueur, qui choisit la mention visible, qui valide la qualification et qui archive la publication. Il doit aussi prévoir le traitement d’une transformation qui altère le marquage, comme un recadrage, une compression ou un réencodage. La marque conserve son propre contrôle éditorial même lorsqu’elle confie la production à un prestataire.
Le marquage doit être efficace, interopérable, robuste et fiable dans la mesure techniquement possible. Testez le fichier original puis les opérations réelles de production. Pour une image, contrôlez le changement de format, le redimensionnement et la capture d’écran. Pour une vidéo, contrôlez le montage, le sous-titrage, le réencodage et l’extraction d’un passage. Documentez ce qui persiste et ce qui disparaît.
Le résultat ne se résume pas à « conforme » ou « non conforme ». Indiquez l’outil de détection, sa version, le format, la transformation, le résultat et les limites. Signalez les anomalies au fournisseur et prévoyez une mesure compensatoire lorsque le marquage ne résiste pas au processus de diffusion. La mention visible garde son rôle propre et ne doit pas dépendre uniquement de la détection technique.
La mention doit permettre au public de comprendre que le contenu a été généré ou manipulé par une IA. Elle apparaît au plus tard lors de la première exposition. Adaptez le texte au contenu : « Cette vidéo a été générée ou manipulée par une IA » est plus informatif qu’une icône isolée. Si seule une partie est concernée, décrivez-la sans donner une impression trompeuse sur le reste.
Le support commande la forme. Une vidéo courte nécessite une durée et un contraste suffisants. Un contenu audio appelle une information sonore ou une transcription accessible. Sur un réseau social, une mention uniquement placée sur une page externe risque d’arriver trop tard. Testez la publication finale, car les interfaces peuvent tronquer la description ou masquer un bandeau.
Encadrer les œuvres et les textes d’intérêt public
Pour une œuvre artistique, créative, satirique ou fictive, la divulgation peut être adaptée afin de ne pas entraver l’exposition ou la jouissance de l’œuvre. Cette souplesse porte sur la manière d’informer. Elle n’autorise pas à faire disparaître le message. La décision doit décrire la nature de l’œuvre, le public, le support et la solution choisie.
Pour un texte publié afin d’informer le public sur une question d’intérêt public, l’intervention de l’IA doit être divulguée, sauf si le contenu a fait l’objet d’un examen humain ou d’un contrôle éditorial et qu’une personne assume la responsabilité éditoriale. Une approbation sans critères ni correction réelle constitue une preuve faible. Conservez les sources consultées, les modifications et le nom du responsable.
La fiche rassemble le contenu, les acteurs, le système, la version, la qualification, le marquage, le libellé, le support, les tests et la validation. Elle désigne le propriétaire de la publication et la date de prochaine revue. Pour une campagne déclinée sur plusieurs canaux, ajoutez une ligne par rendu. Le même libellé peut être lisible sur un site et disparaître dans une miniature sociale.
Cette discipline accélère la production. Les équipes créatives savent dès le storyboard quelles informations prévoir. Le juridique intervient sur les situations sensibles plutôt que sur chaque fichier. La communication conserve une archive claire en cas de question du public. Utilisez une matrice commune et améliorez-la à partir des incidents ou incompréhensions observés.
Non. La définition exige notamment une ressemblance avec une personne, un objet, un lieu, une entité ou un événement existant et une apparence trompeuse d’authenticité ou de véracité.
Non. Le marquage lisible par machine du fournisseur et la divulgation visible du déployeur répondent à des obligations distinctes.
La manière d’informer peut être adaptée pour ne pas entraver l’œuvre, mais l’article 50 prévoit toujours une divulgation appropriée.
L’exception suppose un examen humain ou un contrôle éditorial et qu’une personne physique ou morale assume la responsabilité éditoriale. Les faits doivent être documentés.
Dès la conception ou le storyboard, puis le vérifier sur le rendu final et chaque canal de diffusion.